Revues de livre

Liar’s Poker par Michael Lewis

Il y a 10 ans environ, j’habitais en Californie quand j’ai décidé de payer quelqu’un d’une banque d’investissement pour me conseiller quant à l’investissement de mes économies durement gagnées. Je me disais que la banque d’investissement existait depuis longtemps et puisqu’elle faisait de l’argent, j’en ferais aussi. Ah, si seulement j’avais lu le livre de Michael Lewis, Liar's Poker avant de signer sur la ligne pointillée. Non seulement j’aurais fait une lecture agréable, mais j’aurais pris une autre décision.

Liar's Poker raconte l’histoire de la montée et de la chute des frères Salomon durant les années 80 du point de vue d’un initié : Lewis a travaillé comme courtier en valeurs à Londres pour les frères Salomon. Le monde qu’il décrit en est un où il vaut bien mieux que le client perde de l’argent que les frères Salomon perdent de l’argent, où l’homme blanc règne en roi et maître et où l’argent compte plus que tout. C’est un monde rempli de personnages tous plus intéressants les uns que les autres parce que ce sont de vraies personnes. Certaines de ces personnes ont fait preuve d’une créativité inouïe.

Lewis est excellent pour expliquer des manœuvres financières compliquées en utilisant des termes simples. Il explique comment les hypothèques des particuliers ont été transformées en obligations hypothécaires et parle de l’invention des obligations à haut risque d’une façon facile à comprendre, même pour ceux qui ne travaillent pas dans le domaine financier. Il explique le contexte de certains changements législatifs reliés aux règles régissant les banques et les investissements qui ont permis aux magiciens informatiques des frères Salomon de créer de nouveaux produits financiers comme des titres de placement garantis par des hypothèques.

La quantité d’argent gagnée par ceux qui travaillent dans ce domaine est stupéfiante. Le fait d’apprendre que les bonis étaient calculés sur les revenus générés pour les frères Solomon a répondu à plusieurs de mes questions : les banques d’investissement pouvaient avoir des revenus élevés alors qu’en même temps, leurs clients individuels perdaient de l’argent.

"Le courtier prétendait brasser des papiers qui avaient l’air compliqué… Ceci, [Lewis] l’a appris, était pratique courante lorsqu’un client était sur le point d’être sacrifié pour le plus grand bien des [frères] Salomon."

"Les vendeurs de prises de contrôle de Wall Street ne sont pas tellement différents des vendeurs d’obligations de Wall Street. Ils passent beaucoup plus de temps à élaborer des stratégies qu’à se demander s’ils devraient effectuer les transactions. Fondamentalement, ils tiennent pour acquis que tout ce qui leur permet de s’enrichir doit également être bon pour le reste du monde."

Liar's Poker est parfois très drôle et bien que je suis content de ne pas travailler à Wall Street, j’aimerais bien rencontrer des personnes qui le font. Je vous recommande de lire ce livre.

par Helen Latimer

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